Suggestions de lecture de l’infolettre : Temps des fêtes 2017

ROMAN

Homo sapienne de Niviaq Korneliussen Homo sapienne
Niviaq Korneliussen (La Peuplade)

5 jeunes adultes, Fia, Ivik, Arnaq, Inuk et Sara racontent leurs amours qui débutent et se terminent, les identités qui s’affrontent, les ami.e.s qui se déchirent et se retrouvent. Dans un Groenland où il est parfois difficile de retrouver ceux et celles qui nous ressemblent, il y a des révoltes, des tristesses, mais surtout, la joie de ces liens qui réussissent à se tisser malgré la rudesse des solitudes et de la distance. Niviak Korneliussen rend compte simplement, avec une écriture rythmée, d’une génération qui cherche à s’émanciper des normes de l’hétérosexualité et de la cisexualité, mais surtout, de ceux et celles qui désirent suivre ce qui hurle au creux de leur chair.

Couverture de Betty Boob de Véro Cazot et Julie RocheleauBANDE-DESSINÉE

Betty Boob
Véro Cazot et Julie Rocheleau (Casterman)

Des crabes… Un cancer… Nous retrouvons la protagoniste juste après l’ablation de son sein gauche, au moment où elle doit composer avec cette perte, celle de son partenaire incapable d’y faire face (obsédé par la symétrie) et finalement la perte de son emploi.

Cette BD presque exclusivement muette suit le cheminement de Betty Boob faisant face à toutes ces épreuves, ces deuils, ces rencontres, mais aussi la réalisation de ce qu’elle peut réellement accomplir grâce à toutes ces remises en causes. À la fois un hommage aux cartoons des Fleischer Studios, mais aussi une réappropriation féministe de cette esthétique sexiste qui transforme les corps marginalisés en corps puissants et émancipés des attentes sociales.

POÉSIE (en français)

Couverture de Delete de Daphné B.Delete
Daphné B. (Oie de cravan)

Qui n’a jamais eu envie d’appuyer sur la grande touche Delete de la vie pour effacer tout ce que l’on traîne derrière, et peut-être même ce qui s’en vient devant d’un même geste? Dans ce deuxième recueil (après Bluetiful), on sent Daphné B. vivre une mue devant nos yeux, un coming of age de la vingtaine par lequel elle laisse derrière de vieilles peaux de chagrin (un amour brisé, une mère qui se mire le reflet de ses aspirations déçues, le deuil d’un ami suicidé). Dans une prose narrative remplie des belles images dont elle a le secret, la poète résiste à l’effacement, trouve la beauté dans l’infiniment banal, le sens dans ce qui reste, la force dans la vulnérabilité. «Montrer ses vraies couleurs est un combat ordinaire. C’est mettre mes toasts dans le toaster».

POÉSIE (en anglais)

Couverture de The Sun and Her Flowers de Rupi KaurThe Sun and Her Flowers
Rupi Kaur (Simon & Schuster) 

Après le succès retentissant de son premier recueil, Milk and Honey, Rupi Kaur nous revient cet automne avec un ouvrage encore plus puissant et bouleversant. Il s’agit d’un véritable hymne d’amour à sa mère, à la vie et au self-love. Divisé en 5 parties qui sont les étapes de la vie d’une plante vivace, l’auteure nous offre de courts, et quelques plus longs, fragments, parfois accompagnés d’une image. Kaur explore ici plusieurs sujets, dont le deuil, le viol et la reconstruction, l’immigration, la transmission et bien sur l’amour. Un ouvrage troublant de sincérité, à la fois bouleversant et réconfortant.

ESSAI

Couverture de Les angles morts d'Alexa ConradiLes angles morts
Alexa Conradi (Éditions du remue-ménage)

Dans cet essai accessible et rigoureux à la fois, Alexa Conradi partage une série de réflexions qui ont émergé au fil de son parcours de militante, au sein de la Fédération des femmes du Québec (FFQ) ainsi que de plusieurs mouvements sociaux et groupes féministes. Les “angles morts”, ce sont ces questions, ces enjeux qui sont trop souvent occultés dans les discours médiatiques et les débats politiques au Québec, même au sein de la gauche. La situation des femmes autochtones, le racisme systémique, la culture du viol et ses manifestations insidieuses: l’auteure aborde ces questions de front avec un fort sens de la synthèse et propose des pistes de solution pour repenser l’avenir des luttes sociales, pour envisager des pratiques politiques plus inclusives et moins oppressives.

JEUNESSE

Couverture de La princesse qui voulait devenir générale de Sophie Bienvenu et Camille PomerleauLa princesse qui voulait devenir générale
Sophie Bienvenu et Camille Pomerleau (Éditions de la bagnole)

Emma veut devenir générale, diriger une armée et faire la guerre. Malheureusement pour elle, tous les peuples du royaume sont en paix. L’auteure québécoise bien connue, n’en est pas à son premier roman jeunesse et ça paraît. Le ton est juste, l’histoire intéressante et rigolote, le personnage d’Emma est ambitieuse et déterminée. Point wow : l’auteure a introduit un personnage créatif dans le genre dans la fratrie du personnage principal et c’est très bien amené. Au fil du récit, la personne qu’elle nommait son frère, tombe en amour avec un garçon, découvre les robes et annonce plus tard se sentir «princesse». Le tout est amené sans être appuyé et accueilli avec respect et bonheur par les personnages. Tout à fait rafraîchissant !

À partir de 8 ans

 

 

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